Des mots, des mots

 

Des mots pour le dire, quelques mots pour la peine, pour la tendresse, pour la peur, pour l'amour.  

                             La vie n'est pas toujours douce, pas toujours facile, mais les mots sont là, bons ou mauvais,

                                           Ils sont là pour que  vive la vie, pour  que nous nous comprenions.

                             Ce ne sont que des mots qui ne cherchent, ni le vers ni la rime, juste des mots pour le dire....

 

 

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31 jan 2008

 

Sauvageonne

Loin de ces yeux,

De sorcière, 

Qui fouillent la moindre faute

Elle s'échappe,

Cours, cours,

Plus loin encore, 

de cette maison enfumée.

Grise et amère.

Cheveux au vent,

Petite sauvageonne, 

Tu fuis.

Enlève ses chaussures

Et court à perdre haleine 

Vers l'Ecoulée, pays des fées

S'il en est. Refuge de ses songes

 Elle se roule dans l'herbe

Ourlée de rosée.

Prend,

A la terre cette tendre buée. 

Une fleur de luzerne à la bouche 

Sucrée, sous la langue

Elle s ' arrête, le temps

D'une une gorgée d'eau de pluie

Dans les tonneaux.

Tu ne fuis pas non, 

Tu entres dans ton rêve. 

Les pieds dans l'eau frissonnante

Et glacée,

elle remonte à la source. 

Sable doré brille, 

dans l'ombre des vieux arbres.

Entremêlant leurs branches.

Elle parle alors, 

au  vent ; 

Murmurant dans les feuilles. 

Au soleil,

 s'ouvrant un chemin vers elle. 

Son rire s'écoule. 

Tel une cascade . 

 l'eau s'égoutte entre ses doigts. 

Et … 

Lentement, sans bruit

Que le murmure du temps 

Qui griffe jour après jour.

Passe, passe. 

Et s'éloignent les fruits  doux- amers 

De l'enfance. 

Il ne reste de ses espoirs 

Q'une vague flaque ourlée 

De cendres froides. 

ses rêves éveillés, 

Ne dansent plus sur les ailes du vent 

Ils errent,

Aveugles et sourds, 

tels des funambules, 

sans filin.

Il  ne  reste qu'une trace

qui s'efface d'un souffle d'air.

 

 

  


20 déc 2007

 

Reniée 

La  tenaille dans la tête broie, lamine. 

Jusqu'à ce qu'il n'y est plus aucun bruit. 

Tremble, tremble ; 

Mais ne pleure pas, non. 

Noir, noir, le trou. 

Reniée. 

Bien se cacher, ne plus montrer. 

L'armure fissurée c'est refermée, 

Plus épaisse qu'un mur. 

Elle s'ouvrait, oublieuse. 

Des mots cruels. 

Reniée. 

Oublieuse de ces coups à  l'âme 

Qui détruisent l'innocence. 

Oublieuse, oublieuse ;

De l'indifférence.

Et la pince qui ronge

Reniée

Impuissante, elle regarde. 

Ses racines coupées. 

Coule, coule la sève 

Exsangue d'amour. 

Impuissante, à revenir. 

Reniée 

que ce désert avide l'emporte, 

que donner d'autre ? 

Ne plus rien ressentir, 

Oui, rien. Oubli…. 

Elle n'a plus ni passé, ni présent, ni futur

Reniée………………… 

La petite fille bien cachée 

 tout au fond, n'est plus.

 

20 nov 2007


Haine

Une plainte dans la nuit noire, 

Qu'est devenue l'humanité, 

Si un seul homme peut détruire. 

Animal à l'haleine fétide, 

Qui vomit ses mensonges 

Bouche de miel, 

Pour mieux encore te salir 

L'homme, cet homme 

Plus bas que terre, te réduit 

Regarde- le fier de son apparence, 

Mais vide à l'intérieur.

Miettes après miettes

Te fait manger dans sa main. 

Pour mieux t'enfoncer dans la fange 

Car il y est lui, l'infâme charogne. 

N'osant te regarder de face. 

Il ne sait le faire. 

Son âme noire parfaite 

Se nourrit de ta détresse .

Toujours plus loin enfonce

Sa dague empoisonnée,

Aux creux de tes chairs

Bête immonde,

 pourtant tu te dis beau

Alors que tu n'es que ça, 

Une parodie d'ange déchu. 

Animal ne te siérais pas, 

Tout ce que tu touches 

Tu le salis,

 D'une jouissance malsaine 

qui te comble. 

Trahison de l'âme enfant 

Je hurle de rage, 

Sens ton oeuvre, sens la haine 

Qui se déchaîne, 

comme , une vague à l'asseau

de l'impossible.

De mes  mains, te déchirer 

Comme une page, noire 

Je hurle de rage, 

impuissante à te détruire. 

Puisque tu es tout de même 

homme

 


 
 

15 nov 2007

Rêves- voltes

rêves- voltes, 

noyées , noyées 

dans un clac , 

tu ne penses pas, 

tu es fille !!!

treize ans,

tu ne penses pas

tu es pour l'homme 

qui te diras,

 tu ne penses pas 

dans la maison, toujours

faire et refaire,

les rêves- voltes,

remisées, oubliées. 

Trop lointaines, aujourd'hui 

Evadée, prisonnière

D'un carcan rigide 

Rame, rame 

A contre-courant. 

Epuisées de luttes intestines

Et pourtant toujours là,

 frémissantes.

Reste,reste, ne t'en va pas, 

Lutte ,encore et encore.

Et passent,

passent, les années 

donnent une autre saveur… 

en partance pour d'autres rives 

larmes d'enfant

 

Apaisements  

Je suis là, perdue

Perdue, dans cet écrin de verdure, 

Comme en suspens,.

Entre  rêve et  réalité

Mes pas, nonchalants, 

Se  font plus légers

J’oublie, j’oublie…

Qu’il est doux, de se fondre 

Dans ses bras, je suis riche 

Le vieux pont tout craquelé,

Ses jambages profondément 

Encrés sur les deux rives, 

Tremble sous les assauts du vent léger.

Et j’oublie, j’oublie …

Les vieilles treilles, effondrées

Sous le poids d’une glycine foisonnante 

Brillent sous les rayons chaleureux. 

Les abeilles, sont ivres du nectar. 

Les nénuphars ouvrent leurs corolles 

Nimbées des dernières perles de rosée. 

Et j’oublie, j’oublie.

Dans ses eaux stagnantes se mirent 

Les ombres des arbres immémoriaux. 

Les branches du vieux saule, 

Dansent, dansent, embrassées 

Moi, je me berce tout doucement. 

Et j’oublie, j’oublie …. 

A toi

Regarde- le, dans sa paisible torpeur

il détient au fond de son regard

tout ce pourquoi tu vis.

la main au creux de ton ventre. 

Il te regarde, 

l'amour inonde ses yeux d'ambre. 

Mais toi, toi, les yeux fermés. 

Tu fuis. 

Derrière tes paupières fermées, 

Tournent sans fin tes souvenirs.

Cachés. 

Tu ne peux croire, 

et tu n’y crois pas. 

D’année en années tu te caches. 

Tu fuis.

Ouvre, les yeux ouvre les. 

N’oublie pas. 

Il te porte depuis  tant d’années.

T’entoure, t’enlace.

Attends.

Cette caresse, cet aveu. 

Pourtant il le sait, 

Mieux que toi parfois. 

Et toi, tu as peur.

Tu fuis. 

Qu’il se lasse. 

qu’il s’évapore. 

Pour te donner raison 

Il n’y a pas d’amour… 

Mais il est toujours là. 

Il ne fuit pas. 

Merci.

  
Entre parenthèses

  
    Entre parenthèses,
      parenthèse d’une vie.

en attente.

Lente et passante.
   Chaloupe entre brumes
Chaloupe bateau 
Ivre, d’embruns
Et soleil noir.
entre folie,
Viens,
 

 que l’oubli
 Proche des abysses
 Fonde sur ta mémoire
 Lente et passante
 Traînes,
  une vague amertume
 toujours là.
 Brouillon d’une  vie
 Tournent, tournent
  Les pages arrachées.
 Attends, mais attends !!!
 Quoi ?

 

Pensées

Pensées, noires 

Arrêt sur image.

Brouillard , illusoire  

Perdue, perdue 

Pensée, 

 tu tournes en rond

ronde des mots

sans fin, sans fin 

la bobine roule encore

sur son axe. 

A vide …  

Et clique, claque dans la nuit

Sourde... 

Avance pour ne pas voir 

Derrière qui la poursuit 

 Rien, que sa solitude. 

Elle se claquemure

Murs blafards  

 Ils t’encerclent … 

Bras de bétons,

Te laminent 

Sombre, sombre 

Cheveux,noyés

Sous la pluie glacée 

Frêle silhouette 

Au bord du gouffre

  

.  Peurs

Elle hurle ,dans le silence

 de la nuit cloutée d’étoiles.

Qui l’entendra, dans cette ville égoïste

Qui ne veut rien voir.

Son innocence brûle,

 Cachée derrière un lit de cils blonds, 

sous les insultes de la  vie.

Elle a perdu la cascade de son rire 

La peur d’être ensemble la hante

Mais qui s’y noierait dans ses yeux ?

Couleurs d’iris, hurlant leur désespoir

Pleurant de haine, 

la haine de la femme battue, trahie,avilie… 

Mais elle crie dans son silence. 

Traquée.

 Par l’enfer de son souffle derrière elle.

Elle implore … 

Mais nul ne l’écoute… 

Cachés derrière leurs fenêtres bien pensantes… 

La foule  l’ignore 

dans son égoïsme bienheureux.

Une fleur écarlate, sur le trottoir 

Entourée d’épis blonds….

 
 

Ainsi soit-elle, ainsi sois je.

Ainsi soit-elle,

Toi qui m’a faite ainsi.

Ainsi sois tu.

Je traîne mes peurs et mes doutes. 

Une chape au cœur. 

Ainsi soit-elle 

Celle qui n’a pas su aimer. 

Ainsi sois-tu. 

Ni voir.

Ainsi sois je. 

De défaites en coups au cœur. 

Ainsi soit-elle 

Elle ne m’aime pas… 

Ainsi sois- tu

De déchirures, en coups reçus. 

Ainsi sois je 

De bleus au corps, en bleus à l’âme. 

Je traîne la peur d’aimer

Ainsi soit-elle, 

Elle n’est plus là. 

Ainsi sois-tu 

Ton image s’efface. 

Ainsi sois je 

Au fil des jours 

Ainsi soit-elle

Elle hante toujours mes souvenirs.

Ainsi sois-tu

Le mal est toujours là 

Ainsi sois je 

Et je traîne, je traîne 

Ainsi soit-elle, ainsi sois-je

 
 

Derrière la porte

Il attend, il attend.

Il n’ose émettre un son …

A peine, s’il ose respirer

Ce matin,

ils ont oublié….

Plus un pas, plus un souffle…

Les rires,

la musique se sont tus…

il attend…

puis doucement,

il ouvre la porte.

Il est inondé de soleil…

Une peluche parterre,

Il n’ose la prendre,

puis s’en saisit.

Il la respire, goûte une odeur.

Il caresse, dans sa soif

Un sourire ou une grimace ?

Sourire, qu’ est-ce qu’un sourire ?

Lui  vient une grimace de sourire.

Il regarde, boit de ses yeux,

Immenses, la vie ensoleillée.

Sur le bord de la table,

Une pomme rutilante,

Brille, sous les rayons.

Elle l’attire comme un aimant,

sa main se tend…

un bruit l’effarouche,

il se précipite, de ses maigres jambes,

vers la porte.

Un bruit de clés, des pas précipités,

Son cœur s’affole aura-t-il le temps…

On passe devant la porte,

L’éclat du papier froissé .

Un loquet qui s’abat ;

Ses yeux s’élargissent,

comme des soucoupes.

Fini, il sert dans sa main,

la pomme et le jouet

devenus noirs….

La peur lui noue, serre

Le ventre

Il se terre au plus profond.

Ils  vont le voir…

le jouet absent…

la pomme, si jolie absente

la peur l’étreint…

il s’endort derrière sa porte

de peur, de peur, de peur….

 

 

       L’une et l’autre

     L’une 

Par instant, le vent chargé 

 des parfums de la nature

apporte une douce mélodie. 

C’est là que, bien caché,  

    au  flanc d’une montagne,         

envahi par les herbes folles,   

un   jardin, ombragé.   

.tout au fond, un petit tertre, plein de fleurs,

On y devine, sur une pierre usée, un nom gravé,

 Elle triomphe,

elle est juste là où elle voulait être… 

 De son corps elle les a  nourri,

 ses fleurs,

qu’elle a tant aimé, et il lui revient un sourire 

 du vent dans ses cheveux, 

 et les corolles, s’ouvrent,

comme un hommage. 

 un rire cristallin

 comme un souvenir, 

elle y revient parfois,enchanter ce paradis perdu, 

 y respirer les doux parfums de ce qui fut,

elle écoute, vibre aux sons mélodieux de sa montagne

elle s’ouvre aux rivières et aux forêts,

 ressent jusqu’au plus profond, 

le  chaud rayon de la vie.

et elle écoute,  se souvient, de cette terre 

 unie, embrassant , enlaçant. 

 elle devient un tout,

et explose de mille couleurs.  

 l’autre 

 Sans entraves, 

elle  danse sur les ailes du vent, 

s’abreuve des fleuves et rivières, 

elle se laisse entraîner, 

virevolte dans un tourbillon de couleurs

que cette liberté lui sied, 

plus de poids, plus de peine

elle nage au gré de ses fantaisies,

les abysses lui chantent une  douce mélopée

elle éclate en une multitude de bulles 

 aussi légères qu’une caresse

une douce torpeur enivrante 

la transporte, elle sourit de leur entente.

une impression fugitive,

un souffle tiède sur une joue, elle la retrouve

dans ses parfums, dans ses couleurs,

le vent de son souffle, les enlace, 

terre et eau réunies pour l’éternité.

elles éclatent et deviennent voie lactée

dans une paix sans fin.

La mort de l'âme

 

Plus un mot, rien , que le silence

Elle s’enferme de plus en plus loin,

Nul retour ne lui semble possible.

Elle ne chante plus au soleil,

sa voix c’est tue…

elle se demande pourquoi,

elle n’a plus d’identité.

Les mots ne lui viennent plus,

Dans sa tête le un vide immense.

Elle se terre, regarde le monde,

Derrière, son silence.

Alors qu’il aurait été si simple

de lui sourire. Cette ronde,

incessante, images noires.

Ses mains,paumes retournées,

Ne lui  donnent aucune réponse.

Elle les regardent sans fin.

Perdue, elle s’enfonce

Vers d’autres chemins.

Les autres, quels autres ?

Elle fuit leur regard,

Ce monde ,lui fait peur…

Et ses mains, toujours pas de réponse.

La mort de l’âme…

  

Fleur de bitume,

Elle n’a pas seize ans,

Ses pétales s’ouvrent

Aux  couleurs du crépuscule. 

Dans un fond de cours,

Le coin d’une rue.

Les yeux noyés de kohl,

Portent les désespoirs de sa race.

Appuyée, sur son pan de mur,

Paupières baissées, 

le cœur au bord des lèvres,

elle attend,  le premier client.

Fleur de bitume,

De sa mémoire, reviennent,

Des effluves de fleurs des  champs,

Son univers d’enfant, riant au soleil.

Puis il est  venu, promettant l’arc-en-ciel.

L’arc-en-ciel, un trou noir. 

 ces corps sur le sien, qui puent l’avidité.

Le sien, perdu à jamais…

Elles ont gardé les rondeurs de l’enfance, 

Ses joues, des perles unes à unes roulent, 

Forment rivières, rivières de peurs, 

Rivières de nuits salies, 

par toutes ces mains.

 Fleur de bitume, 

Elle n’a pas de  nom,  elle l’a oublié 

 L’alcool, les drogues, les nuits à n’en plus finir,

Ont eu raison de son innocence. 

Impure


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